23 avril 2014

Une belle arrivée de lave au Kilauea aujourd'hui!

Je n'ai pas écrit grand chose au sujet du Kilauea ces derniers temps: mon précédent post remonte au 28 janvier! Ceci dit, pas de regret car il ne s'est rien passé de folichon dans l'intervalle. L'activité au Kilauea est certes très belle mais elle reste cependant monotone. L'édifice garde en effet sur une situation éruptive stable à savoir:
- la présence d'un lac de lave au sommet du Kilauea, dans le cratère du Halemaumau. 

- la présence de plusieurs évents éruptifs au niveau du Pu'u O'o, cône situé à environ 20 kilomètres au sud-est du Halemaumau, dont un qui alimente les...

-...coulées qui partent vers le nord-est et brûlent progressivement la forêt appelée "Fern Forest". Le champs de coulée qui se construit depuis juin 2013 porte le nom de Kahauale'a 2.

Une petite carte et toujours utile pour se repérer...

Localisation sur Google Earth des deux zones d'émission de lave (Halema'uma'u et Pu'u O'o), et du champs de coulées (Kahauale'a 2) sur le volcan Kilauea.


Par contre quand j'écris "monotone" il ne faut pas lire "ennuyeux"! Il est interessant de suivre de près cette éruption car elle est toujours susceptible de réserver des surprises! Et c'est, vous l'avez deviné, ce qui vient de se produire.

Tout d'abord au sommet du Kilauea, dans le cratère du Halema'uma'u, le niveau du lac de lave est remonté hier à un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis le mois de janvier. Cela fait déjà longtemps que le niveau de ce lac reste relativement élevé, variant un peu au gré des arrivées de magma neuf puis de leur évacuation via le Pu'u O'o notemmnent. Mais hier le niveau est monté au point de faire déborder le lac sur le plancher dans lequel est ouvert le cratère qui le contient.

Débordement du lac de lave sur le plancher de son cratère le 22 avril. Pour bien voir le phénomène on peut comparer le niveau du lac avec ce qu'il était deux jours plus tôt (pointillés blancs). Images: H.V.O./U.S.G.S.

Cette hausse du niveau du lac correspond à un nouvelle épisode d'inflation (gonflement) du volcan entamé le 20 avril au sommet du Kilauea, qui est l'un des signes de l'arrivée d'un afflux de magma dans les conduits du volcan. Cette déformation est repérée grâce au réseau de GPS qui sont installés un peu partout sur l'édifice et qui enregistrent en continue le moindre de ses déplacements.

Sur le tracé ci-dessous, qui montre justement une partie de ces déplacements, on peut voir le très net gonflement enregistré au sommet (courbe verte). On peut aussi remarquer que la courbe bleue, qui est la déformation enregistrée au Pu'u O'o (20 km plus à l'est), lui ressemble, mais est un peu décalée.

Evolution de la déformation du Kilauea, enregistrée au sommet (en vert) et sur le flanc est (en bleu, au niveau du Pu'u O'o) depuis le 17 avril. Image: H.V.O./U.S.G.S.
Or, tout les déformations sont décalées dans le temps, l'activité l'est aussi. Car après l'élévation et le débordement du lac de lave dans le Halema'uma'u hier, voici qu'aujourd'hui c'est au Pu'u O'o que le magma fait son spectacle. Juste avant minuit un des spatter-cone* installé sur la partie ouest du plancher cratèrique semble s'être littéralement ouvert en vomissant un impressionnant flot de lave qui en a ennoyé la portion nord, non loin de la webcam.

L'ouverture du spatter-cône (zone brillante à droite) et l'abondante effusion de lave qui l'a accompagnée. L'image du haut, qui montre les premières minutes de l'événement, a été prise peu avant minuit heure locale (midi chez nous). La dernière a été prise deux heures plus tard. Images: H.V.O./U.S.G.S.

Cette activité, qui a commencé il y a maintenant un peu moins de 5 heures se poursuit actuellement.

L'événement, inattendu, montre bien la relation qui existe entre les deux sites éruptifs du Kilauea, (Halema'uma'u et Pu'u O'o) pourtant situés à 20 km de distance l'un de l'autre: le magma qui monte depuis la source mantellique arrive sous l'Halema'uma'u dont il fait monter le niveau du lac, et qui provoque un glonfement. Mais une partie s'injecte latéralement via des filons (appelés "dykes") en direction du Pu'u O'o. Cependant il faut du temps pour parcourir les 20 km de distance, raison pour laquelle l'émission des coulées de lave au Pu'u O'o ne se fait pas simultanément à la hausse du niveau du lac, mais en décalé. Raison pour laquelle aussi la déformation enregistrée au Pu'u O'o est décalée dans le temps par rapport à celle du Halema'uma'u.
Un blel exemple de vases communiquants à l'échelle d'un volcan!

Source: Observatoire volcanologique d'Hawaï: H.V.O/U.S.G.S.

  
* ce sont des cônes produits à partir de l'éjection de lambeaux de lave très fluides qui retombent les uns sur les autres et se soudent à chaud.




20 avril 2014

Nouvelle explosion sur le volcan Merapi ce matin

Le VAAC de Darwin a relevé ce matin la présence d'un panache de cendres décrit comme étant de grande importance, emporté vers l'ouest nord-ouest par le vent. L'organisme a donc décidé d'élever niveau d'alerte aviation au rouge. L'altitude du panache au moment de sa mise en place ne semble pas avoir été clairement définie mais les prévisions le font se déplacer à une altitude d'environ 10 km.

Sur les réseaux sociaux, aucune image de l'éruption ne semble circuler pour le moment: il faut dire qu'elle s'est produite de 04h26 à 04h40 (heure locale), donc une bonne heure et demie avant le lever du soleil. Cependant le bruit de l'explosion a été bien entendu, dans un rayon de 06 à 08 kilomètres autour de l'édifice. Ainsi, encore une fois, seules les données satellites, ici des images MTSAT,

18 avril 2014

Volcan Ubinas: les volcanologues recommandent le niveau d'alerte orange

Un nouveau bulletin édité par l'Institut de Géophysique Péruvien indique que l'activité reste soutenue sur l'Ubinas. Les volcanologues ont, en conséquence, émis une série de recommandations dont:
- élever le niveau d'alerte institutionnel, et ainsi le passer à l'orange, afin de mettre en place une réponse plus adaptée à la situation.
- commencer les évacuation des villages de Querapi et Tonohaya
- évaluer l'impact des chutes de cendres dans les zones les plus affectée. L'épaisseur de la couche de cendres est déjà de plusieurs millimètres dans certaines zones cultivées proches de l'édifice.
- maintenir en état les routes d'évacuation au cas où elles doivent être utilisées.
- accentuer les mesures d'informations aux populations
- mettre en place un suivi par hélicoptère régulier de la zone sommitale du volcan.

Panache de cendres du volcan Ubinas vu depuis l'espace, 15 avril 2014
Panache de cendres de l'Ubinas le 15 avril, vu parle MODIS. Image: NASA/MODIS

Par ailleurs le bulletin indique, chose importante, qu'il n'y a pas de déformation notable sur le volcan. Les volcanologues interprètent cette donnée comme le résultat de la montée du magma dans un

16 avril 2014

Volcan Ubinas: il est temps de faire un point

Quinze jours après mon précédent post le concernant, il est temps de faire un point sur la situation du volcan Ubinas, au Pérou.
L'activité de ce dernier n'a cessé de s'accentuer au cours de la première quinzaine d'avril, produisant quotidiennement plusieurs dizaines de panaches (54 entre les 13 et 14 avril) plus ou moins chargés en cendres.
 
Panache de cendres du volcan Ubinas vu d'avion, 12 avril 2014
Le panache de l'Ubinas photographié depuis un avion le 12 avril. Image: @gabychaytor via twitter
Pour le moment la grande majorité des explosions n'ont propulsé hors du cratère que des cendres (panaches). Mais quelques unes sont parvenues à projeter des blocs incandescents, notemment durant la nuit du 13 au 14 avril, ce qui a légitimement rendu les habitants du village de Querapi inquiets (on le serait à moins).

Blocs incandescents projetés hors du cratère vers 22h20 (heure locale) le 13 avril. Image: INGEMMET

Une équipe de l'INGEMMET a fait l’ascension le 15 avril pour aller faire des observations au niveau du cratère, afin de voir les éventuelles modifications. Entre deux explosions ils ont pu faire quelques images qui semblent montrer que le petit "dôme" qui avait été observé en croissance entre les 01 et 19

15 avril 2014

Nouvelle explosion assez puissante au Tungurahua hier

L'IGEPN a émis un nouveau bulletin spécial hier suite à la production d'une puissante explosion au sommet du Tungurahua.
Après deux jours de calme relatif (voir la dernière mise à jour du post précédent) l'activité explosive a repris au sommet de l'édifice générant de nouveaux panaches de cendres.
D'abords d'une importance moyenne (quelques panache assez riches en cendres mais pas très hauts), l'activité s'est soudainement accrue à 08h31 du matin, générant une imposante colonne de cendres. décrite comme faisant à peu près 5000m de hauteur par l'IGEPN et les journaux qui ont relayé l'événement. Si la hauteur du panache est restée importante mais sans plus, l'onde de choc par contre a été brutale puisqu'elle a brisé des vitres dans plusieurs villages proches, sur le versant nord-ouest (Cusua, Chacauco, Pelileo). L'IGEPN fait d'ailleurs une comparaison intéressante: le son de l'explosion avait un niveau de 150 décibels à 5.5 km du sommet soit l'équivalent du son d'une turbine d'avion à plein régime entendu à 30 m: assourdissant! Cela explique aisément le vent de panique que cette explosion a généré aux alentours de l'édifice et qui est décrite dans quelques journaux. Des chutes de cendres et de la pillis ("Cascajos") ont été décrites à Pillate (ouest) suite à l'explosion mais elles ne semblent pas avoir été abondantes.

Le panache de cendres du volcan Tungurahua, 14 avril 2014
L'imposant panache de cendre produit par l'explosion de 08h31 (heure locale). Images: IGEPN

Pour les volcanologues équatoriens cette activité explosive marque probablement la réouverture du conduit qui devait s'être partiellement colmaté depuis quelques jours, créant une surpression qui s'est libérée hier. 
Cependant les volcanologues précisent aussi que:
* cela fait plusieurs jours que la déformation  enregistrée dans la zone sommitale s'accélère 
* que, le taux de SO2 libéré reste élevé
* la sismicité a été parquée par la présence de trémor qui suggère que du magma pourrait être en cours d'ascension.

Il est donc possible que l'activité monte à nouveau en intensité dans les jours qui viennent si ces signaux sont effectivement le résultat de l'arrivée d'une nouvelle masse de magma.

Sources: IGEPN; El Universo; TeleSur

13 avril 2014

Volcan Nyamuragira (Nyamulagira): il semble qu'une éruption a démarré


Des informations en provenance de l'ambassade de France à Goma indiquent qu'une activité éruptive aurait débuté aujourd'hui vers midi (heure locale qui est la même que nous actuellement). Pas d'informations précise sur la situation en cours sinon que la lave se dirigerait en direction du parc des Virunga. La tournure de phrase semble indiquer que ce sont des coulées de lave qui seraient en train de se mettre en place, ce qui est logique sur cet édifice. Pas d'information concernant la zone où se localisent les évents éruptifs pour le moment et il n'y a rien de visible sur les données satellites (couverture nuageuse dense).

Activité du volcan Nyamulagira (Nyamuragira) en 2010
Activité hawaïenne caractéristique avec fontaines de lave (image de l'éruption de 2010). Image: Ambanengo Adrien/OVG-2010
Évidemment dès que j'aurais des infos et du temps pour les mettre en ligne, je ferais des mises à jours de ce post.

Mise à jour 14 avril (06h45)

Alors même que les informations concernant une possible activité éruptive fusaient sur twitter, un

11 avril 2014

Volcan Nyamuragira: activité en cours...ou pas

Un article de presse paru aujourd'hui sur le site d'infos en continue onevision.com indique qu'une sismicité importante secoue le Nyamuragira. L'article cite notamment un volcanologue de l'Observatoire de Goma qui indique qu'une éruption:"pourrait avoir lieu dans les prochains jours".
Or il se trouve que les données thermiques produites parle MODVOLC semblent indiquer qu'une activité éruptive pourrait déjà avoir eu lieu sur l'édifice au début du mois. Un signal, faible mais bien présent, a en effet  été détecté le 05 avril.
Prudence toutefois: on ne peut exclure que ce signal puisse avoir une origine autre que volcanique,

10 avril 2014

Volcan Tungurahua: nouvelle hausse de l'activité

Dans un bulletin spécial mis en ligne hier l'Institut de Géophysique Equatorien (IGPEN) indique que l'activité a connu un net regain d'intensité.
En substance le rapport indique que, suite à l'importante phase du 04 avril, l'activité éruptive a lentement décliné pour passer d'un stade continue (émission permanente de cendres) a un stade discontinu (émission de cendres par à coups). Mais en plein nuit hier, à 02h28 du matin heure locale, l'intensité de l'éruption est à nouveau montée d'un cran alimentant à un nouveau un panache de cendres continu. La mise en place de cette nouvelle étape de l'éruption est particulièrement bien visible sur les sismogrammes qui montrent une hausse rapide du trémor (vibration continue) associé à l'éjection des gaz et cendres, qui sature complètement l'appareil.

Sismogramme du volcan Tungurahua, 09 avril 2014
Evolution de la sismicité le matin du 09 avril: on voit bien le trémor (vibration permanente) augmenter jusqu'à saturation (= il manque les pointes des vibrations sur le tracé). Image: IGEPN

Cette nouvelle phase s'accompagne de grondements entendus jusqu'à Ambato, à 30 km au nord-ouest

9 avril 2014

Un point sur l'activité des volcans Paluweh (Rokatenda) et Sinabung

Paluweh (Rokatenda), Indonésie, 875 m

Voilà un volcan dont on n'a plus eu de nouvelles depuis assez longtemps puisqu'après la tragédie du 10 d'août 2013 les données disponibles se sont faites plus que rares. Et pour cause, l'activité semble ne jamais avoir vraiment repris du poil de la bête à partir de cette catastrophe, en tout cas c'est ce que suggèrent l'absence de bulletins émanant du VAAC de Darwin. Le dernier bulletin du VSI indique que quelques explosions modestes se sont encore produites de manière irrégulière jusqu'en novembre puis ont cessé. La sismicité a aussi fortement diminué.

En conséquence, le VSI a abaissé d'un cran le niveau d'alerte du Paluweh, ce qui le ramène à 2 (Waspada).

Le dôme de lave du Paluweh au début de son éruption, fin 2012. Image: Aris Yanto/Ndeso Adventure

Sinabung, Indonésie, 2460 m

L'activité effusive se poursuit et continue d'alimenter la coulée de lave viqueuse qui descend du

7 avril 2014

Quelques nouvelles du volcan Colima

L'activité explosive qui anime le sommet du Colima sa poursuit toujours tranquillement. La fréquence et l'intensité de ces explosions reste très modeste actuellement mais génèrent des retombées de blocs incandescents qui peuvent rouler jusqu'à plus d'un kilomètre de distance du sommet (il faut dire que la pente est raide). Cette photo prise le 04 avril par Sergio Tapiro Velasco illustre ce type d'activité explosive. Les blocs incandescents serpentent ici sur le versant sud du Colima.


Cette activité explosive semble toujours associée à la très lente extrusion de lave visqueuse qui forme le dôme au sommet du Colima. Sa croissance, très lente, reste toutefois visible en raison des