15 avril 2014

Nouvelle explosion assez puissante au Tungurahua hier

L'IGEPN a émis un nouveau bulletin spécial hier suite à la production d'une puissante explosion au sommet du Tungurahua.
Après deux jours de calme relatif (voir la dernière mise à jour du post précédent) l'activité explosive a repris au sommet de l'édifice générant de nouveaux panaches de cendres.
D'abords d'une importance moyenne (quelques panache assez riches en cendres mais pas très hauts), l'activité s'est soudainement accrue à 08h31 du matin, générant une imposante colonne de cendres. décrite comme faisant à peu près 5000m de hauteur par l'IGEPN et les journaux qui ont relayé l'événement. Si la hauteur du panache est restée importante mais sans plus, l'onde de choc par contre a été brutale puisqu'elle a brisé des vitres dans plusieurs villages proches, sur le versant nord-ouest (Cusua, Chacauco, Pelileo). L'IGEPN fait d'ailleurs une comparaison intéressante: le son de l'explosion avait un niveau de 150 décibels à 5.5 km du sommet soit l'équivalent du son d'une turbine d'avion à plein régime entendu à 30 m: assourdissant! Cela explique aisément le vent de panique que cette explosion a généré aux alentours de l'édifice et qui est décrite dans quelques journaux. Des chutes de cendres et de la pillis ("Cascajos") ont été décrites à Pillate (ouest) suite à l'explosion mais elles ne semblent pas avoir été abondantes.

Le panache de cendres du volcan Tungurahua, 14 avril 2014
L'imposant panache de cendre produit par l'explosion de 08h31 (heure locale). Images: IGEPN

Pour les volcanologues équatoriens cette activité explosive marque probablement la réouverture du conduit qui devait s'être partiellement colmaté depuis quelques jours, créant une surpression qui s'est libérée hier. 
Cependant les volcanologues précisent aussi que:
* cela fait plusieurs jours que la déformation  enregistrée dans la zone sommitale s'accélère 
* que, le taux de SO2 libéré reste élevé
* la sismicité a été parquée par la présence de trémor qui suggère que du magma pourrait être en cours d'ascension.

Il est donc possible que l'activité monte à nouveau en intensité dans les jours qui viennent si ces signaux sont effectivement le résultat de l'arrivée d'une nouvelle masse de magma.

Sources: IGEPN; El Universo; TeleSur

13 avril 2014

Volcan Nyamuragira (Nyamulagira): il semble qu'une éruption a démarré


Des informations en provenance de l'ambassade de France à Goma indiquent qu'une activité éruptive aurait débuté aujourd'hui vers midi (heure locale qui est la même que nous actuellement). Pas d'informations précise sur la situation en cours sinon que la lave se dirigerait en direction du parc des Virunga. La tournure de phrase semble indiquer que ce sont des coulées de lave qui seraient en train de se mettre en place, ce qui est logique sur cet édifice. Pas d'information concernant la zone où se localisent les évents éruptifs pour le moment et il n'y a rien de visible sur les données satellites (couverture nuageuse dense).

Activité du volcan Nyamulagira (Nyamuragira) en 2010
Activité hawaïenne caractéristique avec fontaines de lave (image de l'éruption de 2010). Image: Ambanengo Adrien/OVG-2010
Évidemment dès que j'aurais des infos et du temps pour les mettre en ligne, je ferais des mises à jours de ce post.

Mise à jour 14 avril (06h45)

Alors même que les informations concernant une possible activité éruptive fusaient sur twitter, un

11 avril 2014

Volcan Nyamuragira: activité en cours...ou pas

Un article de presse paru aujourd'hui sur le site d'infos en continue onevision.com indique qu'une sismicité importante secoue le Nyamuragira. L'article cite notamment un volcanologue de l'Observatoire de Goma qui indique qu'une éruption:"pourrait avoir lieu dans les prochains jours".
Or il se trouve que les données thermiques produites parle MODVOLC semblent indiquer qu'une activité éruptive pourrait déjà avoir eu lieu sur l'édifice au début du mois. Un signal, faible mais bien présent, a en effet  été détecté le 05 avril.
Prudence toutefois: on ne peut exclure que ce signal puisse avoir une origine autre que volcanique,

10 avril 2014

Volcan Tungurahua: nouvelle hausse de l'activité

Dans un bulletin spécial mis en ligne hier l'Institut de Géophysique Equatorien (IGPEN) indique que l'activité a connu un net regain d'intensité.
En substance le rapport indique que, suite à l'importante phase du 04 avril, l'activité éruptive a lentement décliné pour passer d'un stade continue (émission permanente de cendres) a un stade discontinu (émission de cendres par à coups). Mais en plein nuit hier, à 02h28 du matin heure locale, l'intensité de l'éruption est à nouveau montée d'un cran alimentant à un nouveau un panache de cendres continu. La mise en place de cette nouvelle étape de l'éruption est particulièrement bien visible sur les sismogrammes qui montrent une hausse rapide du trémor (vibration continue) associé à l'éjection des gaz et cendres, qui sature complètement l'appareil.

Sismogramme du volcan Tungurahua, 09 avril 2014
Evolution de la sismicité le matin du 09 avril: on voit bien le trémor (vibration permanente) augmenter jusqu'à saturation (= il manque les pointes des vibrations sur le tracé). Image: IGEPN

Cette nouvelle phase s'accompagne de grondements entendus jusqu'à Ambato, à 30 km au nord-ouest

9 avril 2014

Un point sur l'activité des volcans Paluweh (Rokatenda) et Sinabung

Paluweh (Rokatenda), Indonésie, 875 m

Voilà un volcan dont on n'a plus eu de nouvelles depuis assez longtemps puisqu'après la tragédie du 10 d'août 2013 les données disponibles se sont faites plus que rares. Et pour cause, l'activité semble ne jamais avoir vraiment repris du poil de la bête à partir de cette catastrophe, en tout cas c'est ce que suggèrent l'absence de bulletins émanant du VAAC de Darwin. Le dernier bulletin du VSI indique que quelques explosions modestes se sont encore produites de manière irrégulière jusqu'en novembre puis ont cessé. La sismicité a aussi fortement diminué.

En conséquence, le VSI a abaissé d'un cran le niveau d'alerte du Paluweh, ce qui le ramène à 2 (Waspada).

Le dôme de lave du Paluweh au début de son éruption, fin 2012. Image: Aris Yanto/Ndeso Adventure

Sinabung, Indonésie, 2460 m

L'activité effusive se poursuit et continue d'alimenter la coulée de lave viqueuse qui descend du

7 avril 2014

Quelques nouvelles du volcan Colima

L'activité explosive qui anime le sommet du Colima sa poursuit toujours tranquillement. La fréquence et l'intensité de ces explosions reste très modeste actuellement mais génèrent des retombées de blocs incandescents qui peuvent rouler jusqu'à plus d'un kilomètre de distance du sommet (il faut dire que la pente est raide). Cette photo prise le 04 avril par Sergio Tapiro Velasco illustre ce type d'activité explosive. Les blocs incandescents serpentent ici sur le versant sud du Colima.


Cette activité explosive semble toujours associée à la très lente extrusion de lave visqueuse qui forme le dôme au sommet du Colima. Sa croissance, très lente, reste toutefois visible en raison des

6 avril 2014

L'activité se poursuit sur le volcan Nishinoshima

Voilà maintenant plus de 4 mois que cette éruption à débuté et elle semble garder une belle tonicité . Au moins un nouveau survol a été réalisé par les gardes-côte le 24 mars, soit à peu près un mois après leur précédente reconnaissance de la zone.
Au cours de ce nouveau survol ils ont pu remarquer que la plate-forme de coulées a continué d'étendre la surface de l'île. Il devient difficile de décrire avec précision les zones les plus actives sur les seules photos réalisées par les gardes côtes. Celles-ci permettent toutefois de constater que le cône n°1, qui est le premier a avoir émergé des eaux du Pacifique, semble maintenant inactif.
Le cône n°2, apparu fin janvier est donc le seul où se maintient actuellement une activité explosive. Sa morphologie a par contre un peu changé: un second cratère est ouvert dans le cône n°2 et c'est de lui que sont émises les cendres et gaz sous pression. Le premier cratère est devenu inactif.
Les images rapportées par les gardes-côtes montrent bien l'émission sous haute pression d'un mélange

4 avril 2014

Un point sur les éruptions des volcans Tungurahua et Reventador


Un bulletin spécial mis en ligne hier par l'IGEPN indique que le Tungurahua connait une recrudescence de son activité depuis le 02 avril. Les volcanologues Equatoriens indiquent en effet que la sismicité montre un tendance à la hausse, légère mais bien présente, associée à une déformation de type inflation (gonflement) du sommet de l'édifice entamée le 20 mars. Les volcanologues interprètent ces données comme le résultat d'une remise sous pression du système d'alimentation magmatique de l'édifice, qui provoque l'apparition de microfractures et la mise sous pression des fluides libérés par le magma (et le magma lui-même) qui permet leur injection de force, ce qui cause à la fois la sismicité et la déformation. Cette hausse d'activité est devenue plus concrète depuis hier avec la production de deux explosions dont seule la seconde à pu être observée de visu: des blocs incandescents sont monté à quelques centaines de mètres de hauteur avant de chuter sur le hauts versant de l'édifice, sous la lèvre cratèrique. L'activité explosive se poursuit aujourd'hui avec la formation d'un nouveau panache il  y a quelques minutes.


Panache de cendres sur le volcan Tungurahua, le 04 avril 2014. Image: IGEPN

Mise à jour 05 avril (07h55)

A peine le post ci-dessus mis en ligne l'activité du Tungurahua est encore montée d'un cran. Après une légère hausse de la fréquence des explosions, celle de 18h10 (heure locale) a marqué un tournant dans cette nouvelle phase éruptive. Plus puissante que celles qui l'ont précédées, elle a  produit un panache de cendres qui a atteint l'altitude de 10 km environ (soit 5000m de hauteur) 15 km environ (soit 10 km de hauteur) emporté vers le

2 avril 2014

Volcan Etna: une faible activité éruptive strombolienne à repris

Après l'arrêt complet de l'activité effusive pendant environ 2 jours (les 29 et 30 mars), de très légères traces d'activité ont de nouveau été perçues par la webcam thermique de l'INGV installée sur le Monte Cagliato (à l'est du sommet de l'Etna). Discontinues elles semblent indiquer que l'activité effusive a repris de manière extrêmement faible et toujours de manière pulsante. Cette "reprise" est même tellement modeste qu'on peut légitimement se demander si l'activité a vraiment stoppé ou a simplement connu un léger hiatus. 

Activité du volcan Etna entre les 28 mars et 02 avril 2014
2volution de l'activité éruptive entre les 28 mars et 01 avril 2014. On voit bien le hiatus de 2 jours, sans  aucun signe extérieur d'activité. Images: INGV (webcam Monte Cagliato)

Cependant la situation a évolué depuis hier avec la hausse progressive du trémor, dont le tracé n'est perturbé que par le passage des ondes produites par le puissant seïsme de magnitude 8.2 qui a secoué

Quelques nouvelles du volcan Ol Doinyo Lengaï

Mathieu Morelière, co-fondateur de l'association ACTIV et actuellement chez Continents Insolites, a eu la possibilité courant mars de faire l'ascension de l'Ol Doinyo Lengaï en Tanzanie, volcan exceptionnel puisqu'il est le seul au monde à produire des laves carbonatitiques*.
 
Le volcan Ol Doynio Lengaï vu du nord, mars 2014
L'impressionnant Ol Doinyo Lengaï, vu du nord. Image: Mathieu Morelière

Il a eu la sympathie de me faire passer, pour le blog, un petit compte-rendu de ce qu'il a pu y observer durant son rapide passage: je lui laisse donc le clavier:


"Lors d'un voyage en famille en Tanzanie, j'en ai profité pour faire l'ascension du volcan Lengaï (7 mars au matin). L'ascension s'effectue toujours par le pseudo-sentier tracé sur le flanc ouest-nord-ouest. La pente y est rude sur la deuxième moitié de la montée où l'on  grimpe tantôt dans des ravines remplies de sables de "carbonatite" (lapilli et érosion) tantôt sur des secteurs indurés mais stables.

Le chemin d'accès du volcan Ol Doynio Lengaï, mars 2014
La partie terminale du "chemin" d'accès avec la goulotte creusée dans des dépôts plus tendres. Bonne condition physique plus que recommandée pour faire cette ascension! Image: Mathieu Morelière
En arrivant sous le cône construit lors de l'éruption majeure de 2007-2008 dans le cratère nord, de nombreuses fissures apparaissent, laissant échapper des gaz à haute température (vapeur d'eau principalement mais aussi gaz soufrés) dont les odeurs sont perceptibles déjà à mi-pente.Le cône présent au sommet est impressionnant quand on sait qu'une plate-forme, bien plus basse, occupait les lieux avant 2007. Un profond cratère occupe le centre du cône (profondeur de 80-90m ? difficile à dire sans échelle). S'il n'y avait pas d'activité éruptive lors de notre passage (seulement 1h au sommet), nous avons noté la présence d'une demi-douzaine de spatter-cones** dont un, très imposant, taillé dans la paroi ouest du cratère, comme une grotte.
La "grotte" dont parle Mathieu et qui contient une carbonatite noire, signe qu'elle est très récente puisqu'elle blanchit rapidement après son émission à l'air libre. Image: Mathieu Morelière
Au sommet de ce dernier, se trouvait une sorte de petit lac de lave figé, mais de couleur noire témoignage d'une activité éruptive très récente. Plusieurs coulées de couleur sombre tapissaient également le fond du cratère. 
Au vue de la profondeur du cratère, il faudra peut-être des années, voire des décennies, avant que la situation préalable au paroxysme de 2007-2008 ne se reproduise, à savoir une plate forme sur laquelle s'épanche les coulées de lave depuis des spatter-cones**, plate-forme située à hauteur du rebord du cratère."
Je remercie bien évidemment Mathieu pour avoir partagé ses observations avec nous: les informations sur le Lengaï sont en effet rarissimes.

Source: Mathieu Morelière/Continents Insolites.
* les carbonatites sont des laves dont la composition est dominée par la présence de carbonates alors que toutes les autres laves connues sont dominées par la silice. La production de ces carbonatites reste sujet à discussion.

** les spatter-cones sont des cônes produits par l'expulsion de lambeaux de lave très fluides qui s'accumulent les uns sur les autres à chaud et se soudent. Le cône ainsi construit a des pentes extrêmement fortes. Cela ressemble fort aux hornitos à la différence près que ces derniers ne forment sur les coulées de lave en progression et constituent donc une activité secondaire.