6 avril 2017

Un point sur l'activité des volcans Sheveluch et Aira-Sakurajima

Sheveluch, Russie, 3283 m

L'activité se poursuit sans changements. Des bulletins relativement fréquents du VAAC de Tokyo indiquent que des cendres sont produites par cette éruption, et les images des webcams permettent de constater qu'elle ont toujours deux sources distinctes:

- des écoulements pyroclastiques, dont les dimensions sont relativement modestes. 
- des explosions, elles-aussi modérées.


Écoulement pyroclastique, versant sud-ouest. Image:IVS-FE-RAS

Panache produit par une explosion modérée. Image: IVS-FEB-RAS


Ces deux phénomènes ont la même cause: l'extrusion de lave visqueuse qui construit sans cesse le dôme actif du Sheveluch. Dans le cas présent elle comble lentement la cicatrice qu'avait laissé une importante phase d'effondrement de ce dôme, en septembre dernier. On distingue toujours, lorsque la météo le permet (rare ces dernières semaines), une masse de lave sombre, ressemblant à une courte et épaisse langue, dans la cicatrice.

Localisation de l'extrusion, sur le versant sud-ouest du dôme. Image: IVS-FEB-RAS
Il faut noter que si l'on compare cette image à d'autres prisent il y a plusieurs semaines ou mois, le volume de cette masse de lave ne varie pas de manière significative. Peut-être s'est-il très légèrement allongé dans la pente mais c'est-à peu près tout. Le volume de lave qu'elle perd par les avalanches de blocs et les écoulements pyroclastiques compense donc pour ainsi dire parfaitement le volume qui sort de la cicatrice et construit l'extrusion.

L'activité reste donc plutôt stable depuis plusieurs mois, et le niveau d'alerte aviation est maintenu à l'orange parle KVERT, en raison des cendres produites.

Sources: IVS-FEB-RAS; KVERT

Aira-Sakurajima, Japon, 1117 m

Depuis quelques jours l'édifice connait un léger regain d'activité. Cette phase a commencé  le  25 mars dernier lorsqu’une explosion relativement forte, accompagnée d'un écoulement pyroclastique de faibles dimensions, s'est produite vers 18h05 (heure locale). Cette activité explosive, la première significative depuis des mois, a duré environ une demie-heure et s'est déroulée dans le cratère Minamidake.

Explosion relativement forte le 25 mars, avec petit écoulement pyroclastique. Image: MBC

Suite à cela le calme est revenu sur le volcan,malgré quelques bouffées de gaz parfois très légèrement cendreuses les 28 et 29 mars, et ce jusqu’au 4 avril, où une nouvelle phase explosive, mois forte que la précédente, s'est déroulée à partir de 10h04 (heure locale). La météo étant cette fois très favorable il fut intéressant de constater que le panache de l'explosion était constitué de volutes blanches, marque de la présence d'eau dans les conduits. Il n'est pas impossible que cela faut aussi le cas le 25 mars: certaines portions du panache sur l'image ci-dessus apparaissent plus claires. Mais l’atmosphère n'était pas aussi transparente que le 04 avril, et n'autorise aucune certitudes...

L'activité explosive du 04 avril. Images: MBC
Depuis lors on peut voir, de temps à autres, s'échapper de petites bouffées de cendres, presque instantanément dispersées par le vent. Il faut noter que, pour le moment, aucune lueur n'est émise par le cratère, bien que la webcam qui a produit les images ci-dessus soit assez sensible pour détecter la faible lueur des étoiles la nuit. Cette absence d'incandescence marque l'absence de très haute températures, et indique qu'aucune lave n'est actuellement présente au fond du cratère. Cela est confirmé, du reste, par l'absence totale de signaux thermiques détectés depuis l’espace.
Reste à savoir si cette phase qui a débuté le 25 mars est passagère et exprime seulement un déséquilibre dans la partie superficielle de l'édifice (système hydrothermale), ou si elle résulte d'un déséquilibrez plus profond, mettant en cause une remontée de magma. Pour le moment les bulletins du JMA ne livrent pas encore de détails à  ce sujet.
Une situation à suivre, bien entendu.

Sources: JMA; MBC

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